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Un coup de cœur littéraire par un bénévole de MNOP, Martial Manet, sur un livre qui raconte une histoire musicale à nulle autre pareille. Où les liens familiaux de la jeune auteure Pauline Guena avec le Périgord n’obèrent en rien un tropisme culturel américain qui de James Lee Burke à Thelenious Monk se fait fort d’explorer cette marge vicinale dans laquelle MNOP aime à se plonger.

Une écriture intime et puissante pour un portrait de femmes égarées qui tentent de s’arracher à la vie par les dissonances du mystique Thelonious Monk.

1951, Pannonica de Koenigswarter, née Rothschild, quitte sa vie d’épouse d’ambassadeur pour devenir la muse et mécène des plus grands boppers. Pour l’un d’eux, le brillant et énigmatique Thelonious Monk, elle deviendra une mère-amante qui l’accompagnera jusqu’à la dernière note. Ne cherchez pas dans ce roman une chronique qui vous plongerait dans le bouillant bain de la scène bop des années 50. Vous y trouverez plutôt un intense roman initiatique où trois femmes insoumises vous relatent la vie d’un couple baroque qui a transformé leurs existences.

Moune, Ruby et Chine ont rencontré l’intriguant duo a des époques différentes dans des lieux éloignés mais ont en eu la même expérience : une métamorphose existentielle. Pannonica leur a transmis son refus du donné, son souhait de ne pas « se laisser rattraper par la vie », de « toujours la dépasser ». Thelonious les a imprégnées de ses dissonances, leur a appris à cultiver les contrastes et le silence pour refuser la contrainte de l’harmonie en s’affirmant dans un geste de révolte. Dans la vie comme sur un piano, il n’y a pas de fausses notes, tout mérite d’être joué.

Par le truchement de ces trois voix féminines, Pauline Guéna fait varier les points de vue narratifs et livre un récit pudique et subtil où la quête intérieure de ces femmes se mêle aux tribulations de la pariade.

Pauline Guéna, Pannonica, Paris, Ed. Robert Laffont, 2007, 263 p.

Martial Manet
ENS

martial.manet@gmail.com