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French Quarter Festival 2018,
New Orleans, Louisiana

6 – Chroniques louisianaises

Une série de chroniques à suivre de Stéphane Colin, pour ABS Magazine sur le French Quarter Festival 2018.

Le French Quarter Festival est un moment plus qu’un festival stricto sensu. Dans l’ombre du tentaculaire New Orleans Jazz Festival et de ses 600 000 spectateurs en deux week-ends déversés à distance sur l’hippodrome de la ville, le « petit » festival déploie ses scènes à même le Quartier Français. La musique distillée est variée mais purement locale. Il fait bon se promener au bord de Mississippi et passer d’une scène à l’autre, au rythme d’un déhanché de second line de Brass Band.

Un festival qui rend hommage aux musiques de la ville et auquel on avait envie en retour une fois encore de rendre hommage à sa manière vagabonde et décalée. Notes éparses sans réel lien, si ce n’est ce son local, son bricolage perpétuel et les réminiscences que chaque note, chaque coin de rue et chaque rencontre engendrent. Notes à Nola…

Dimanche 15 avril 2018

Un soleil de plomb dès le début de matinée. Church on Sunday. L’église Notre Dame de Guadalupe, sur North Rampart, par beau temps. Comme si la tempête de la vieille était oubliée et nettoyée. Un saxophoniste gare sa voiture non loin de là, empoigne son saxophone et entre dans le bâtiment religieux. Scène à la banalité au minimum hebdomadaire qui n’en transcende pas moins l’imaginaire européen. On suit l’homme. La salle de prière est pleine à craquer. Un office catholique à la rigidité sérieuse et empesée comme il en existe sous nos latitudes. La différence viendra du son. Sur le côté, à droite de l’autel, le saxophoniste a intégré le chœur. Pas de faute sémantique en l’occurrence.

Voix et instruments se fondent dans la même mélopée. Les chanteuses cisèlent les prières avec une grâce modeste que le saxophoniste suit en ajoutant son chant. Ave Maria interprété dans le même lieu par Aaron Neville avait peut-être une brillance supplémentaire, mais l’ensemble présent ramène à une grâce commune qui fige d’un coup la petite fille aux rubans rouges qui se contemplait jusque-là dans son miroir avec force démonstration. Indéniablement plus sensible au chant qu’à la prière. Rien à redire là-dessus. Comme le disait le dessinateur grand amateur de gospel néo-orléanais Siné : « Le gospel, c’est ma tasse d’athée »…

Une série de chroniques à suivre de Stéphane Colin, pour ABS Magazine,
sur le French Quarter Festival 2018.


Légende photo : Affiche du French Quarter festival 2018, Courtesy of Rebecca Sell au staff du FQF.

Crédit photo : Stéphane Colin