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French Quarter Festival 2018,
New Orleans, Louisiana

5 – Chroniques louisianaises

Une série de chroniques à suivre de Stéphane Colin, président du MNOP, pour ABS Magazine sur le French Quarter Festival 2018.

Le French Quarter Festival est un moment plus qu’un festival stricto sensu. Dans l’ombre du tentaculaire New Orleans Jazz Festival et de ses 600 000 spectateurs en deux week-ends déversés à distance sur l’hippodrome de la ville, le « petit » festival déploie ses scènes à même le Quartier Français. La musique distillée est variée mais purement locale. Il fait bon se promener au bord de Mississippi et passer d’une scène à l’autre, au rythme d’un déhanché de second line de Brass Band.

Un festival qui rend hommage aux musiques de la ville et auquel on avait envie en retour une fois encore de rendre hommage à sa manière vagabonde et décalée. Notes éparses sans réel lien, si ce n’est ce son local, son bricolage perpétuel et les réminiscences que chaque note, chaque coin de rue et chaque rencontre engendrent. Notes à Nola…

Samedi 14 avril 2018

It’s Raining. La chanson clôturant le concert du vendredi d’Irma Thomas avait des valeurs prédictives… Samedi noir et tonnant, tempête et inondation. Tout de suite un mètre d’eau dans les rues autour du Quartier Français. La voix d’Irma pour résister aux intempéries. Le calme pendant la tempête. Une puissance sereine qui jamais ne s’affole ni ne s’excite.

En 1972, pour les besoins d’une interprétation, le producteur Swam Dogg lui avait demandé de pousser quelques hurlements. La chanteuse s’était exécutée de mauvaise grâce et, devant l’incongruité de la chose, n’avait pu s’empêcher de signaler qu’elle n’avait jamais crié comme ça, même lors de ses accouchements ! It’s Raining, une force tranquille à se passer en boucle sur le balcon de la peintre Isabelle Jacopin. Juste en dessous, dans un Royal Street détrempé, la clarinettiste Doreen a bravé le climat et un étrange ballet de parapluies et de ponchos se trémousse sur le bitume. Jaunes, roses, oranges et violets se croisent et se mêlent. On se croirait dans un pastel d’Isabelle où le flou de foule perpétuerait le mouvement d’une musique qui persiste malgré tout.

Une série de chroniques à suivre de Stéphane Colin président du MNOP, pour ABS Magazine,
sur le French Quarter Festival 2018.


Légende photo : New-Orleans sous la pluie, 13 avril 2018

Crédit photo : Stéphane Colin