Stéphane Colin, Président de MNOP

J’écrivais des articles pour le magazine Soulbag, j’allais régulièrement à la Nouvelle Orléans et l’idée a germé de créer un festival des Musiques de la Nouvelle Orléans à Périgueux.

La première soirée a eu lieu en 2001 et a réuni 1200 personnes, ce fut tout de suite un succès, malgré le peu de moyens qu’on avait à l’époque, pas de protection contre la pluie pour le matériel, les gens de Radio Croquant nous aidaient en tant que bénévoles.

Il y a eu des moments très forts comme la rencontre entre Benoit Blueboy et Lazy Lester ; nous avons eu très vite la volonté d’imprimer notre patte dans la programmation et de faire des concerts improbables et intéressants, quasi uniques. Rien à voir avec des groupes dans des tournées, nous voulions raconter une aventure humaine, c’est ce qui nous a rapidement démarqué des autres festivals, cette transversalité. La Nouvelle Orléans est un champ d’action, un métissage culturel quasi infini qui permettait d’aller vers un mélange, un partage. Le classement par styles musicaux est bon pour les bacs comme avant chez les disquaires, on peut raconter la musique autrement avec peu de moyens mais avec le cœur.


Sébastien Charrieras, bassiste des Roommates

Pierre Cherbero, un ami de longue date, cherchait un bassiste pour accompagner Dale Blade, chanteur soul de la Nouvelle Orléans lors de la tournée d’été MNOPérigord de juillet 2014. Ce fut une expérience très forte au niveau humain, non seulement entre les musiciens, mais aussi avec les bénévoles MNOP qui se sont occupés de nous comme si nous étions des amis. Nous avons été très bien accueillis et accompagnés à chaque étape de la tournée, c’était convivial et chaleureux, d’ailleurs à la fin, j’ai vraiment eu un petit coup de blues. Ce sont des gens entiers, qui ont une grosse culture de cette musique de la Nouvelle Orléans, j’ai beaucoup appris avec eux.

Musicalement, travailler avec Dale Blade a été une expérience très intéressante ; l’approche américaine de la préparation d’une tournée est différente de celle des Français : il faut tout donner en répétition comme si on était déjà sur scène, alors qu’en France on a plutôt tendance à réserver toute son énergie pour le show. Et ensuite, pendant le spectacle, il fallait bien sûr sortir ce qu’on avait de mieux sans fléchir, le jeu était plus efficace, avec plus d’énergie, plus de cœur.

Il y avait un peu la barrière de la langue au début, mais elle s’est vite estompée.

L’un des meilleurs moments a été notre dernier concert à Mussidan, André Bohren, batteur et fils de Spencer Bohren, qui tournait avec l’autre groupe MNOP était venu nous voir et il s’est spontanément mis aux percussions en accompagnant Olivier à la batterie ; c’était génial, il frappait sur tout ce qu’il trouvait, les bords de la batterie, la barrière, et cela a créé un moment inoubliable…


Caroline Maire, responsable communication MNOP

Je travaillais dans un hôtel à Trélissac qui logeait les musiciens, Jean Michel Colin et Daniel Fernandez sont venus me voir après le festival et m’ont proposé d’intégrer l’équipe. Au début j’étais chauffeur pour les artistes, j’adorais être chauffeur, surtout qu’à cette époque, les concerts avaient encore lieu au Parc Gamenson pendant 4 jours, donc on passait beaucoup de temps avec eux. On les conduisait partout, on les amenait au marché, aux concerts. Il y avait vraiment un échange, on leur faisait découvrir la vie en France, mais eux aussi donnaient beaucoup. Ensuite, je me suis occupée des contacts presse.
Cette expérience m’a donné un sens des valeurs humaines que je n’avais pas forcément avant, des valeurs humaines très importantes ; j’étais quelqu’un d’indépendant et plutôt solitaire et du coup, entrer dans cette famille m’a donné des valeurs, une vision de l’humanité, d’un échange entre les peuples que je n’avais pas avant.

Au départ, j’étais une fan des Stones et des Beatles, mais ca ne me suffisait pas, j’aimais aussi beaucoup le blues, donc j’ai fait des recherches et j’ai découvert une nouvelle culture musicale, surtout qu’on a la chance d’avoir Stéphane Colin, qui est une véritable encyclopédie vivante. On est vraiment nourris, de temps en temps, il nous passe un CD et nous dit, tiens tu me diras ce que tu en penses. Du coup, j’ai appris à comprendre les racines, à comprendre pourquoi j’aimais cette musique. Cela m’a donné envie d’approfondir l’histoire musicale, et même l’histoire de France et des États-Unis. Par exemple, cela m’a donné envie de faire des recherches sur les Indiens de Mardi Gras et leurs rapports avec la Nouvelle Orléans.

Tu peux très bien faire partie de MNOP en étant très spectateur et rester simple bénévole, mais tu peux aussi t’en servir pour t’en nourrir dans ta vie personnelle, t’enrichir, c’est cela qui est intéressant.

Une rencontre qui m’a énormément marquée a été lorsque j’étais chauffeur, j’étais en voiture avec Claude Kaminker, l’épouse d’un des fondateurs de MNOP et Betty Harris. Avec ces deux dames, j’avais l’impression d’être en compagnie de mes deux grand-mères qui se racontaient des histoires, c’était à la fois drôle et émouvant, cela m’a énormément touchée.
Mais, il y a aussi plein de bons moments, c’est pas forcément des moments sur scène, par exemple, on étaient à la campagne chez Stéphane Colin et j’étais sur un petit muret avec Tom Worrel qui me racontait sa vie à la Nouvelle Orléans, il y avait un échange, un partage.

Et maintenant qu’on a les réseaux sociaux, il y a des choses qui viennent en plus, on peut suivre les gens, par exemple, cette semaine c’était l’anniversaire de mariage de Billy Iuso, un guitariste qui était venu, je lui ai envoyé un petit mot en message perso et il était super content que je pense encore à eux. J’ai fait une rencontre avec Diane Anderson, c’est quelqu’un qui fait beaucoup de choses dans le domaine caritatif, elle était l’agent du Dr John, elle connait tout le monde. Et avec cette femme, on s’est vraiment trouvées, c’est une amitié profonde.

Après ce qui est assez étonnant, il y a des musiciens qui viennent une fois, et on se dit, bon on est juste une date dans leur tournée, et on ne va pas les marquer plus que ca. Sauf que la première année où on a eu Spencer Bohren, on avait eu un super contact, il s’était passé plein de choses et cela nous avait laissé plein de souvenirs. Et quand il est revenu la deuxième fois et que je suis arrivée, il s’est souvenu de moi ; pour moi c’est un immense artiste, et il s’était souvenu de Caroline du Périgord, c’est incroyable, on l’avait marqué. En fait la différence, c’est qu’on accueille les artistes chez nous, dans nos familles, on les chouchoute, on les accompagne et il n’y a pas un festival à la Nouvelle Orléans ou aux États-Unis où ils sont accueillis comme cela, donc forcément, ca les marque.

C’est devenu une grande famille, je me souviens à Sorges l’année dernière, je posais une question à André Bohren et il me dit : « Demande à Papa », et je me suis retournée vers Spencer et c’est sorti tout naturellement, j’ai dit « Dad… », c’est ca qui est rigolo et magique à la fois.

C’est une association qui est basée sur le bénévolat, il n’y a pas de salariés sinon ca changerait tout. On partage aussi beaucoup quand on fait des repas avant les concerts, comme au Bugue par exemple, avec Isabelle Jacopin (Artiste peintre du Bugue, établie à la Nouvelle Orléans).

D’ailleurs on avait aussi organisé avec Isabelle une action culturelle avec les enfants des centres aérés lors de la venue des Indiens de Mardi Gras. On leur a fait réaliser des costumes comme ceux des Indiens, avec beaucoup de couleurs, de plumes etc. Il y avait aussi des ateliers de percussions et les enfants ont présenté leurs réalisations sur scène. On a mené plusieurs fois des actions comme celle-ci, une fois avec Cherice Harrison, deux ou trois fois avec les Honeymen, où là les enfants travaillaient sur le rythme, sur la musique et ils ouvraient ensuite le spectacle à Gamenson.

Cela nous permet de faire connaître cette culture, c’est un partage, on s’enrichit de la culture de l’autre.


Diane Anderson, résidente de la Nouvelle Orléans

C’est Jimmy Carpenter (saxophoniste de la Nouvelle Orléans), qui était mon colocataire pendant des années qui m’a parlé pour la première fois de MNOP. Je suis donc partie voir la tournée MNOP dans le Périgord grâce à lui.

C’est drôle, mais l’un de mes meilleurs souvenirs, c’était simplement à table chez Stéphane Colin (Président de MNOP). Il y avait de la graisse de canard, des champignons et tout ce qu’il avait pu trouver dans ses placards…L’un des meilleurs repas que j’ai jamais fait et une expérience des plus chaleureuses en France… Je me suis sentie comme à la maison.

L’expérience MNOP est très émouvante, autant par la qualité de la musique que par le dévouement de l’équipe.

Cela m’a fait rire quand Brother Tyrone (Chanteur de Blues/Soul de la Nouvelle Orléans) a dédicacé la chanson « Sarah » à Max (mon chihuahua)…vous savez, la personne qui jouait du trombone et qui a fait éclater le groupe de Mac (Dr John, célèbre musicien de la Nouvelle Orléans), s’appelle Sarah…mais nous l’appelons Yoko Bono


Spencer Bohren

Mon expérience avec MNOP et les gens qui ont créé cette association et qui la font vivre a commencé par un simple email ou un appel téléphonique de Stéphane Colin (président de MNOP) me demandant si j’accepterai de venir à Périgueux jouer devant le public périgourdin et quelles étaient mes conditions. Tout ce que j’ai eu à faire a été de dire oui et la porte s’est ouverte sur un nouveau monde d’amis, de musiciens, public, artistes et des fans de la musique de la Nouvelle Orléans.

Je suis personnellement extrêmement heureux de connaître les gens merveilleux du Périgord qui m’ont ouvert leurs cœurs et leurs maisons ainsi qu’à mon épouse, Marilyn. Musicalement, la meilleure surprise est la pléthore d’excellents musiciens avec lesquels j’ai eu la chance de jouer.

C’est un honneur de partager leur approche du fantastique trésor musical américain du blues, R&B, jazz, rock’n’ roll, country, gospel et folk, qui est à la fois respectueuse, enthousiaste et qui vient du plus profond de leur âme. Beaucoup d’entre eux sont devenus des amis chers tout au long de cette aventure.

C’est très spécial d’être invité dans la maison et le monde de Stéphane Colin et de sa famille. La grande maison pleine de musique et de musiciens, d’art et d’artistes, d’amis, de voisins, de bon café, de conversations qui mettent à l’aise, et plus de musique enregistrée sous diverses formes que je ne pourrai jamais écouter en une seule vie. Être considéré comme un cousin de cette famille est un privilège et un plaisir.

Je me souviens d’un soir au Bugue, je jouais avec le groupe Talk That Talk, et nous étions très excites à l’idée que Lazy Lester vienne se joindre le groupe. Nous avons tous été vraiment surpris quand Lester a refusé de jouer du blues. A la place, il a joué une chanson country de Merle Haggard et la groupe a du s’aventurer sur un terrain qu’il ne connaissait par bien. Le soir suivant au Festival MNOP dans le parc, Lester jouait avec moi quelques chansons dans une tente backstage. C’était une très bonne surprise de découvrir que Lester aimait d’autres styles de musique que ceux pour lesquels il est connu.

J’aime me souvenir du fait que toutes les dames de MNOP ont invité Marilyn à revenir à Périgueux quand elle veut, avec ou sans moi ! Elles l’adorent simplement pour sa personnalité. Elles m’aiment aussi, mais elles ADORENT Marilyn ! Cela me fait très plaisir.

L’année dernière, nous sommes arrives le 14 juillet et nous avons été accueillis par un feu d’artifice sur le pont près de la cathédrale. Le jour avant notre départ, le Tour de France est passé près de la maison de Stéphane. Je ne sais pas qui a programmé cette arrivée et sortie pleines de panache pour nous, mais je les en remercie !

Ce fut un grand plaisir de jouer avec Hervé Fernandez et le group Talk That Talk a parfaitement joué mes chansons. C’était aussi un moment très fort quand Stéphane a demandé si j’aimerais amener mon fils, André, pour qu’il soit le batteur du tour de cette année. Cela a était vraiment très amusant de présenter André à nos amis en Dordogne, au public de MNOP et de lui faire découvrir les merveilles du Périgord. Mille mercis pour ces deux semaines mémorables. Et notre famille internationale continue à s’agrandir.

Un grand merci aux gens du Périgord d’avoir partagé leurs histoires avec nous.


Pierre Cherbero, pianiste des Roommates

J’ai connu MNOP au tout début quand l’association avait besoin de bénévoles, j’aidais à monter la sono, à communiquer en anglais avec les musiciens, j’ai appris à connaître le blues, la musique de la Nouvelle Orléans. Puis j’ai commencé à jouer quelques morceaux en lien avec la programmation, pour ensuite accompagner les artistes dans diverses formations pendant le Tour, notamment en 2013 avec les Nola PoBoys et Jimmy Carpenter, puis en 2014 avec Dale Blade & the Roommates.
Je suis parti passer quelques mois aux USA, notamment à la Nouvelle Orléans en 2013. Là bas, les musiciens sont très ouverts avec les étrangers, j’étais allé voir Johnny Sansone(MNOP Tour 2012 et Le Palio 2013) jouer dans un bar, il m’a appelé sur scène et invité à jouer du piano, puis il est revenu avec quelqu’un qui portait un masque et c’était l’un des acteurs de la série Treme, celui qui joue le chef indien, j’avais l’impression de rêver.

Je suis arrivé pour Mardi Gras, j’ai eu du mal à trouver un hébergement, puis j’ai été voir jouer Tom Worrell à l’hôtel Irving Mayfield dans le French Quarter, Annie sa compagne était là, et ils m’ont proposé de venir habiter chez eux.

L’accueil des gens est excellent, même si on les connait peu. On avait joué aussi avec James Monque D’, un personnage unique de la scène musicale de la Nouvelle Orléans, américano-sicilien, grâce à qui j’ai eu l’occasion d’aller découvrir Jazz Fest avec les Indiens. Ce fut une expérience inoubliable, les communautés indiennes sont très fortes là bas, il y a aussi des clivages, cela peut être dangereux ; mais comme j’étais aussi avec Tom (Worrel), c’était mon passeport, il est très respecté dans cette communauté car il joue avec eux. C’est d’ailleurs le dernier à avoir joué avec les 2 chefs indiens réunis. Je me suis donc retrouvé en plein quartier populaire, dans le bus avec tout le monde maquillés en route pour Jazz Fest.

Ils sont habitués au métissage et trouvent les Français « exotiques », alors forcément, on est bien accueillis, ils sont curieux et on envie de partager leur culture. La Nouvelle Orléans a un peu la réputation de représenter la vieille Europe, plus si moderne, et c’est un cliché que les Néo-Orléanais n’aiment pas.

John Fohl (Palio 2014) jouait les lundis à Dos Jefes où il y avait un vieux piano, il m’a demandé si je voulais faire un morceau avec lui, déjà, c’est un artiste fantastique, j’étais très honoré. Ils sont très friands de la collaboration et le public de N.O. aime la diversité, la nouveauté, ils sont intrigués. Ils regardent et vivent le moment, c’est l’intention qui compte, ce que tu veux transmettre, même si c’est sur un vieux piano tout pourri, c’était devenu aussi ma « carte de visite », une blague entre musiciens (rires). Ils aiment aussi entendre des classiques sous un autre angle, une autre version, une autre couleur ; à partir du moment où tu dégages un truc, mais si tu ne joues pas super bien, ils sont intéressés. Ce qui est important, c’est ce que tu apportes, ce que tu donnes.

En France, on accorde plus d’importance à la virtuosité, la perfection. Avec MNOP, c’est autre chose, le public est plus réceptif au partage, les gens se retrouvent pour se faire plaisir, pour partager tous ensemble. Les musiciens américains ne travaillent pas pareil, ils sont plus rigoureux sur les codes, sur le spectacle, la façon d’apparaître et de disparaître mais sans le montrer au public, c’est très travaillé tout cela.

Aux États-Unis, ils jouent 3 à 4 fois par jour pour pouvoir manger, ils ne gagnent pas beaucoup avec leur musique et les loyers sont chers ; en France c’est autre chose avec le statut des intermittents du spectacle, le système des conservatoires. J’ai eu envie d’apprendre à leur contact, cela m’a beaucoup apporté musicalement au niveau du jeu. Quand ils nous rencontrent, il y a beaucoup de partage, on s’en fout de la virtuosité, l’important c’est de jouer ensemble.

En ce qui concerne les moments forts avec MNOP, il y a eu un moment extraordinaire au Palio en 2014 avec John Gros lors de l’after, beaucoup d’échange et de complicité quand il m’a accompagné à 4 mains au piano de manière totalement improvisée. J’avais fait un petit truc, il m’a dit , attends, recommence, recommence encore, c’était super drôle…C’est une autre façon de se tourner vers la musique.

À Atur, lors du tour avec Dale Blade et les Roommates en juillet 2014, c’était la fête au village, ce fut un moment fort aussi, en plus le public était solidaire du mouvement des intermittents.

À Sorges, il y a eu un beau duo entre Dale Blade et Miss Nicky dans un cadre magnifique, Mussidan, avec la participation improvisée d’André Bohren qui jouait avec Olivier Léani, des percussions sur tout ce qu’il trouvait, le sol de la scène, la remorque du matériel…Le Bugues, aussi concert très intimiste, très proche du public.

MNOP renoue avec la tradition et la convivialité, c’est tout l’inverse de l’individualisme latent d’aujourd’hui. Cela prouve que le côté associatif peut marcher. Amener des musiciens de renom à des milliers de kilomètres de chez eux dans des villages périgourdins, pour des concerts gratuits pour la plupart en plus, c’est étonnant, une surprise, c’est festif. Il y a aussi la rencontre entre les touristes et les habitants, cela génère des discussions sur la Nouvelle Orléans, la musique. Les mélomanes ont un certain recul mais sans oublier le moment.


Jean-Michel Ferenc, dit « le popotier », bénévole chargé de la restauration pour MNOP

En 2005, j’ai été contacté par Raymond Lassince (ancien président de MNOP) pour m’occuper de la partie restauration et pour loger les musiciens.

Puis en 2007, j’ai intégré l’équipe actuelle toujours pour la restauration. On passe de bons moments, c’est une bonne équipe. J’ai découvert la musique de la Nouvelle Orléans et j’ai fait de belles rencontres avec les musiciens. Il y a beaucoup d’échanges quand je leur sers à manger, car ils sont « naturels », ils ne sont pas sur scène, ils ne jouent pas de rôles. Après, il y en a qui sont curieux, qui veulent goûter et apprécier la cuisine française, mais il y a aussi ceux qui préfèrent manger au McDo ! Il y a les régimes spéciaux, les végétariens…Ils aiment beaucoup le vin français, le cognac. Après, c’est vrai qu’on ne les voyait pas beaucoup, ils passaient assez vite. Mais ce qui est sympa, c’est quand ils reviennent, ils se souviennent de moi.
Mon équipe en cuisine, c’est une entreprise familiale, ca tourne, il y a une grande liberté. D’être rentré dans l’association, cela m’a permis de rencontrer du monde, c’est très sympa ; en plus maintenant tout le monde est rodé, c’est du bénévolat à l’état pur mais chacun est pro dans son domaine.

À Gamenson, on faisait à manger pour les bénévoles et les musiciens pendant 3 jours, on avait jusqu’à 150 couverts le vendredi et le samedi et 100 le dimanche à Barnabé. On utilisait des badges pour reconnaître ceux qui pouvaient manger, sinon tout le monde venait manger ! C’est une autre façon de travailler, on est positionnés dans l’association, on a des réunions une fois par mois pour échanger et se tenir au courant des activités de l’association.

Parmi les bénévoles, on se retrouve en dehors du cadre de MNOP, ce sont devenus des amis proches. Avec les musiciens, j’ai un super contact avec Tom Worrell, mon jumeau ! Il aime bien manger…Mais il y avait aussi Spencer Bohren, Charmaine Neville… Ils sont attachants, même s’ils ne parlent pas la langue, le contact se fait.

Je pense qu’au-delà de cela, car la musique, moi je ne suis pas un spécialiste, c’est une aventure humaine, le but n’est pas de professionnaliser le projet. Il n’y a pas d’enrichissement matériel pour personne, c’est un enrichissement personnel…on apprend des autres…

Ce qui est sympa aussi, c’est en dehors des concerts, par exemple, on se retrouve tous après le Palio le dimanche chez Stéphane, tout le monde vient, les bénévoles, les musiciens.

Pour les repas au Palio, c’est un peu compliqué, comme tout le monde vient manger à des heures différentes, je ne peux pas leur faire de la « gastronomie », il faut des plats que l’on puisse tenir au chaud. Pour le tour, j’y vais en simple spectateur. Et puis, cela m’a permis aussi de rencontrer des musiciens périgourdins aussi qui accompagnent les américains ou qui sont là en invités sur le Tour.

Il y a des endroits mythiques sur le Tour, comme au château de Sorges par exemple, c’est magnifique, ou bien devant la cathédrale de Périgueux, Mussidan aussi…


Randy Cohen

Je crois que Stéphane Colin m’a vu jouer sur Frenchmen Street à la Nouvelle Orléans en face du café Brazil au Crescent City Blues Festival. Dany, un ami m’a ensuite contacté de la part de Stéphane pour me demander de venir jouer à Périgueux, c’était en 2008.

C’étais la première fois que je sortais des USA ; Hervé Fernandez est venu me chercher à l’aéroport de Bordeaux pour m’emmener à Périgueux ; c’était fantastique de rouler dans la campagne française sur les petites routes, un vieux rêve devenu réalité, j’avais l’impression d’être dans un film, c’était irréel. J’adore les vieux bâtiments, aux USA, ce que l’on a de plus vieux date au maximum de 300 ou 400 ans, c’est tellement magnifique. Et puis, on est arrivé à la maison de Stéphane, on a dîné dans la cour, très beau, c’était un peu difficile de communiquer en français, mais je me sentais à l’aise, un vrai conte de fée…C’était un peu difficile de communiquer, je ne parlais pas du tout français, mais j’été tellement bien accueilli…J’ai eu un peu de mal à dormir cette nuit là, on avait notre première répétition le jour suivant.

J’étais accompagné par Philippe Eliez, Julien Dubois et Hervé Fernandez, des musiciens périgourdins, nous n’avons fait qu’une répétition avant de partir jouer dans les magnifiques petits villages de Dordogne. Partout où on allait, il y avait une église de plus de 1000 ans ou de vieilles maisons, et tous les gens voulaient nous montrer qu’ils avaient le plus beau village. C’était aussi un plaisir avant chaque concert de manger un morceau en buvant un verre de vin. Dans le premier village, ils m’ont emmené dans une cave, une sorte de monastère datant de 1200 et tout le monde était si gentil avec moi. Le groupe était comme une famille, on n’avait pas eu le temps de beaucoup répéter, mais les musiciens avaient écouté mon album et ca passait bien. Chaque soir était différent, on jouait du blues, les gens étaient curieux, c’était nouveau pour eux… mais dès le milieu du concert, la magie opérait et ils tapaient du pied en rythme.

L’année d’après, c’était le 10ème anniversaire, en 2010, et comme j’avais une connexion fantastique avec le public, MNOP m’a proposé de revenir jouer, j’étais très content. Tout le monde voulait parler à l’Américain un peu fou…les bénévoles de MNOP m’aidaient avec la signature des autographes, comment épeler les noms, une merveilleuse expérience.

Musicalement, ce fut aussi une expérience intéressante. À la Nouvelle Orléans, c’est un melting pot de musiques, les Américains ne sont pas retenus par la tradition, on suit ce qui semble être la bonne idée du moment, on l’entend dans l’air. On ne pense pas au côté pratique, c’est du ressenti ; il y a quelque chose au sujet du swing que les musiciens Européens, pour la plupart, ne sentent pas toujours. Mais ces musiciens français le sentait, ils avaient étudié cette musique, Philippe est un très bon batteur, un professionnel qui a joué beaucoup de sessions de différents types, il peut jouer pratiquement tout ce qu’on lui demande de jouer. Julien aime jouer du blues, il sent plus le côté cool, décontracté que d’autres et Hervé aime en particulier le blues des années 60, et on a réussi à avoir une bonne collaboration. On jouait des journées entières ensemble sans que j’impose quoi que ce soit. Nous avons réussi à créer notre propre groupe, on a fini par faire des tas de choses différentes, du Jimmy Reed, Thunderbirds, du blues, des originaux, on s’est basé sur notre feeling et c’est une sensation magnifique. Un groupe franco-américain ! Les musiciens Français ont étudié et connaissent très bien ce style de musique, parfois même mieux que certains musiciens américains. Ils doivent prendre des morceaux d’un autre temps et les jouer d’une manière contemporaine.

La deuxième fois, c’était une véritable aventure car j’ai habité chez Hervé Fernandez pendant 3 mois et à la moitié de mon séjour, j’ai eu ma propre voiture ; j’ai pu m’immerger dans la culture, la cuisine, les gens, la culture, tout était fantastique ; j’ai joué pour MNOP, le soir avant le festival, dans le square en face de St Front, c’était plein, Lazy Lester est venu jouer, Red Morgan aussi, Charmaine Neville, Jimmy Carpenter et Tom Worrell, un des meilleurs concerts pour moi, c’était fabuleux, tout s’est mis en place…

Puis pendant le Tour, j’ouvrais pendant 45 mn avant Spencer Bohren. Julien avait été aux USA l’hiver d’avant, donc, nous avons commencé à avoir un vrai « son de groupe ». Pour moi, le concert à Douchapt a été le plus mémorable, on se concentrait pour jouer du blues très « raw », à l’état brut, « Mississippi style blues » et puis le dernier concert a eu lieu devant la cathédrale St Front.

L’année suivante, j’ai joué à la guinguette Barnabé pour clôturer le Tour ; j’étais dans le Nord de la France, mais il me tardait de descendre voir tous mes amis de MNOP ; là encore, on a tellement bien mangé, du canard, du fromage ; pendant que j’étais en France, j’ai aussi été à un marché gourmand à 1h30 de Périgueux et j’ai goûté une sorte de ragoût cuisiné avec du sang, jamais je n’aurais pensé manger cela aux États-Unis, et c’était délicieux…avec des frites.

C’était donc non seulement une aventure musicale, mais il y avait aussi les gens, la culture…Je descendais faire le marché, j’allais à la boulangerie, je promenais mon chien dans le quartier. La première année, je n’ai pas eu trop le temps, mais la deuxième, j’étais plus libre, j’avais cette voiture…et j’ai joué à Cognac et Dax, c’était une expérience fantastique.
Et puis durant mon périple en Europe, j’ai rencontré ma femme, Stella, en Italie…un peu grâce à Stéphane et MNOP…une expérience qui a changé ma vie…mais c’est une autre histoire…


Jimmy Carpenter

Je suis venu pour la première fois à MNOPérigueux en 2008 comme joueur de saxophone ténor avec Walter Wolfman Washington and The Roadmasters. J’ai été tout de suite conquis par cette jolie ville et toutes les personnes très sympathiques et serviables impliquées dans le festival. Mon ami de longue date, Spencer Bohren et son épouse, Marilyn étaient là aussi ainsi que l’un de mes héros de tous les temps, Plas Johnson. Le matin du 2ème jour, je suis rentré dans un restaurant pour prendre mon petit déjeuner et Plas s’y trouvait seul..il m’a invité à le rejoindre et j’ai passé les 2 heures suivantes à écouter ses histoires et tout son savoir en matière de saxophone. Il m’a fait beaucoup de compliments, et je ne l’oublierai jamais.

Quand j’ai finalement joué notre set très anticipé avec Walter, au bout de quelques chansons, il s’est senti très mal et a du quitter la scène. Stéphane l’a mis immédiatement dans une ambulance et il a été transporté à l’hôpital. Nous avons pu terminer le set avec l’aide de Spencer et de Don Vappie, on s’en est donc bien sorti. Mais ce qui m’a vraiment impressionné, c’était la compassion et l’attention prodiguées à Walter la nuit et les jours qui ont suivi. Stéphane s’est vraiment assuré que lui et son épouse bénéficient des meilleurs soins et soient à l’aise et il n’a jamais été question d’argent. Cela a marqué le début de mon admiration et respect pour Stéphane et l’équipe de MNOP.

Je suis revenu 2 ans plus tard avec les 101 Runners, un grand groupe d’Indiens de Mardi Gras. J’ai joué l’un des sets les plus mémorables de ma carrière dans un très petit club le vendredi soir, (un set qui est devenu légendaire à Périgueux), et j’ai regardé aussi l’équipe MNOP gérer avec patience et compréhension les nombreuses difficultés que pouvaient créer toutes ces « figures » de la Nouvelle Orléans. J’ai pu passer plus de temps avec Stéphane lors de ce voyage et notre amitié s’est renforcée. Il s’était rendu à la Nouvelle Orléans au mois d’octobre passé et je lui avais recommandé les 101. Nous avions dîné ensemble quand il se trouvait en ville et cette année là, je suis aussi venu travailler en France et j’ai passé quelques jours chez lui, il m’avait proposé dès le début de venir quand je le souhaitais.

Le dimanche qui suit le Tour, ont toujours lieu les fêtes de fin de festival à Barnabé, l’un des moments les plus agréables du weekend. On fini de travailler dur, les concerts se sont bien passés et tout le monde a le sourire, mange (des plats fantastiques), boit et danse, des groupes de musiciens se forment spontanément, jouent ensemble et se laissent aller à l’improvisation. C’est un endroit magnifique et c’est un peu dommage qu’il ne soit plus disponible.

L’été 2013, Stéphane m’a proposé de jouer lors de la tournée promotionnelle MNOP dans les petites villes des environs. Il m’a mis en relation avec de très bons musiciens de la région, les Nola PoBoys, j’avais fait leur connaissance pour la plupart d’entre eux lors de leurs visites à la Nouvelle Orléans et de mes visites ici. Ils ont travaillé très dur pour jouer mes chansons et m’intégrer dans les leurs et grâce à ce travail, nous sommes devenus un super groupe. Ce sont non seulement des musiciens exceptionnels, mais ce sont aussi tous des gars très sympas et on s’est éclatés. Nous avons joué 8 concerts, chacun dans une petite ville différente, y compris au beau mariage de la fille de Nathalie. J’ai été très touché et honoré, et je le suis encore, d’avoir pu participer à cette journée. C’est au cours de cette tournée que j’ai pu vraiment connaître un peu plus la famille MNOP. Ils sont tous vraiment extraordinaires, gentils et tellement serviables et je les considère tous comme des amis très chers.

Et nous arrivons enfin au mois d’octobre 2014 : après la tournée d’été MNOP, Stéphane et moi avions souvent parlé de ce que nous pourrions faire pour le MNOPalio. Plusieurs idées nous étaient venues et j’ai finalement pris l’initiative de proposer de créer une New Orleans Revue avec mon groupe en arrière plan. J’ai encore été enthousiasmé et honoré par la confiance qu’il m’a donnée. J’ai mis en place un groupe de musiciens stellaires et avec l’aide de Stéphane et de ceux-ci, nous avons créé le programme pour la soirée : 3 sets, 3 configurations différentes, chaque musicien participant à différents rôles dans chaque set. C’était un véritable spectacle, demandant du travail ardu de la part de chacun et cela a été un succès énorme à tous les points de vue. Pour moi, c’était clairement le plus gros et le meilleur concert de ma vie et je serai éternellement reconnaissant d’avoir eu l’opportunité de créer et de diriger cette fabuleuse soirée.

Cela m’a aussi donné la chance de présenter mes bons amis et collègues à Stéphane et à la famille MNOP et cela aura certainement pour résultat encore plus de musique et d’amitiés. Je sais que le guitariste John Fohl fera la tournée d’été cette année et cela me rend très heureux. Tous mes amis étaient enthousiasmés d’avoir été là et touchés par l’hospitalité et l’accueil chaleureux qu’ils ont eu.

Je considère vraiment Périgueux comme ma seconde maison et les gens de MNOP, pas seulement comme des amis, mais en quelque sorte comme une extension de ma famille. Je ne sais pas encore quand ni comment, mais je serai très heureux de revenir et de les accueillir tout aussi chaleureusement à chaque fois qu’ils viendront à la Nouvelle Orléans.


Tom Worrel

J’ai été contacté par Chris Jones pour venir jouer à Périgueux avec les 101 Runners en 2010. Ce n’était pas la première fois que je venais en France ; j’avais participé à un différent type de festival pour les auteurs-compositeurs en 1998 avec Mem Shannon dans une vieille église en Languedoc Roussillon. C’était différent pour MNOP, j’ai tout de suite été surpris par l’esprit de communauté du festival, une vraie famille, la culture et la cuisine française, la ville était magnifique, le Parc Gamenson… Les gens se mettaient en quatre pour que je me sente à l’aise, l’hospitalité, c’était un véritable échange culturel, tout cela était très riche. Je suis revenu l’année d’après pour participer au Tour d’été MNOP, je suis arrivé quelques jours avant et j’ai fait des interviews avec les journalistes ; j’étais surpris parce que je ne me considérais pas comme une star. C’était fantastique pour moi de pouvoir avoir une expérience avec les médias, cela m’a aidé à avoir confiance en moi et j’ai réalisé que la musique de Nouvelle Orléans, et en particulier le piano, a un impact mondial sur les gens, c’est inhabituel et unique.

J’ai aimé rencontrer tous ces gens et ils resteront des amis pour le reste de ma vie. Je me sens chez moi quand je suis là bas. L’un de mes moments préférés, il se trouve que le festival tombait pendant mon anniversaire, le 12 août, alors je l’ai fêté en France, cela a été un moment particulier et inoubliable pour moi, de me trouver dans un endroit si fantastique, à goûter des plats délicieux. C’était à la guinguette Barnabé, un endroit fabuleux. En plus, il y avait deux autres personnes qui étaient nés le même jour que moi, alors c’était très bizarre et aussi une expérience magnifique d’être avec des gens qui partagent la même culture que moi et le même anniversaire !

Il y avait aussi les fêtes à la maison de Stéphane, tous les gens qui travaillent pour le festival s’y retrouvent, c’est un environnement très privé et excitant, différent des moments qu’on passe sur scène. J’ai apprécié tout particulier les plats, les vins, j’en connais beaucoup plus maintenant sur les vins, et le foie gras, je n’avais jamais goûté du vrai foie gras avant…
Tout cela m’a permis aussi de rencontrer d’autres Français avec qui je développe des nouveaux projets à Paris par exemple, cela continue au-delà de Périgueux, cela a vraiment changé ma vie.

New Orleans est un endroit génial, j’y ai déménagé en venant du Colorado en 1990, et j’ai tellement étendu mon horizon musical. Venir en France m’a permis d’étendre mon aventure musicale, cela a aidé à diffuser la musique de la Nouvelle Orléans dans le monde entier, j’ai vu à quel point elle est importante pour les gens ; j’ai pu aller en Italie aussi, mais je m’arrange toujours pour passer par la France. C’est une nouvelle inspiration. Mon objectif est de passer au moins 50 % de mon temps en Europe tout en restant basé à la Nouvelle Orléans.

C’est très différent de travailler avec des musiciens français, mais la musique est une expression unique de l’humanité et nous la partageons tous. Nous faisons partie du processus même si les gens ont plus d’inspiration pour certains.

Le parc Gamenson me manque, j’ai grandi à la campagne et c’était fantastique de jouer dans un cadre vert avec les arbres et la pelouse, mais j’aime aussi le Palio car l’éclairage et le son sont fantastiques, c’est un grand spectacle.

J’y ai joué avec Johnny Sansone ; je suis arrivé à la Nouvelle Orléans pour jouer dans son groupe en 1990, je l’avais rencontré au Colorado, donc je n’ai jamais oublié le fait que c’est grâce à lui si je suis venu à la Nouvelle Orléans même si ce projet n’a pas duré longtemps ; il a été le catalyseur. Donc c’était un peu un retour d’ascenseur quand il est venu jouer pour MNOP. C’était génial de jouer au Palio avec l’ambiance, l’arrière-plan, l’éclairage qui ont contribué à donner une atmosphère mystérieuse quand on a joué « Mysterious ».

En ce qui concerne le public, il y a quelques différences entre le public dans les différents pays d’Europe, les gens réagissent différemment en fonction de leur culture. J’étais un peu surpris au départ parce que j’avais l’impression que les Français étaient plus réservés, ils ne se lèvent pas et ne dansent pas comme des fous ; mais c’est en fait parce qu’ils écoutent. En Italie, par exemple, ils sont plus exubérants, ils écoutent aussi, mais ils manifestent plus de choses. Il faut dire que les générations plus jeunes ont plus tendance à bouger, au Palio, par exemple, ils sont debout et dansent devant.

Nous avions aussi commencé un projet Ventura 66 avec des musiciens de la Nouvelle Orléans et en France, mais pour qu’un groupe ait une identité, il faut qu’il ait une activité constante, or, comme le batteur a été recruté pour jouer dans un groupe important, le bassiste joue avec Johnny Sansone, le guitariste est en France, donc on a pas pu continuer malgré des réactions très positives. Il nous faudrait un manager, on a beaucoup de potentiel, c’était une très bonne idée d’enregistrer ensemble, mais c’est compliqué quand tout le monde n’est pas au même endroit.

Je tiens à remercier MNOP pour cette fabuleuse expérience.